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Bibliothèque de Genval : de 1951 à nos jours

Un jour dans l’histoire… La Bibliothèque communale de Genval fête ses 75 ans.

Alexis Ermel
Alexis Ermel

ERMEL, Alexis (1834-1912) Peintre de paysages

Alexis, Philippe, Joseph ERMEL, artiste et musicien, est né à Bruxelles le 23 juillet 1834. Il décède à son domicile de Genval (rue Neuve, 64), le 18 septembre 1912, âgé de 78 ans. Quelques mois plus tôt, il fêtait ses noces d’or avec son épouse. Celle-ci, Hermance Demarteau, décède à Genval, le 21 février 1919, âgée de 86 ans. (1)

Compositeur et pianiste, il était l’ami de François-Auguste Gevaert (1828-1908) qui fut nommé, en 1871, Directeur du Conservatoire royal de musique de Bruxelles. Ce dernier fit construire, à Genval, la villa Chantecler dans l’avenue qui porte son nom.

Alexis Ermel fut nommé pianiste privé du roi Léopold Ier. De 1861 à 1865, des récitals de piano furent organisés plusieurs fois par semaine au château de Laeken. Attiré ensuite de plus en plus par la peinture, il participa au Salon de 1892 organisé au Casino de Gand. Il y exposa deux toiles : Prés fleuris et Les dunes de la Panne. Gros temps. Adresse mentionnée dans le catalogue de ce Salon : Villa des grands Noyers, Genval. Alexis Ermel est répertorié comme peintre de paysages, de vues de prairies, de bois, de dunes. (2)

Roger Ghyssens mentionne une villa Hermel au n°112 avenue des Combattants (anciennement rue Neuve, 64) présente, sous cette dénomination, sur une carte-vue ancienne. La maison avec pignons en gradins disposait d’une loggia en balcon au premier étage.  Cette loggia n’existe plus. (3)

Villa Ermel
Villa Ermel

GENVAL est un lieu de villégiature recherché dès la fin du 19e siècle. L’attraction du Lac de Genval (1904) et de son Parc y contribue. La population s’accroît et compte 2.444 habitants en 1914. Les rues principales, rue Neuve (avenue des Combattants) et rue Haute (avenue Gevaert) se garnissent de grosses villas. Des hôtels se créent en lien avec le développement du lac. Dans la rue Neuve, on construit le Beau-Site en 1908 (architecte Paul Hamesse) et Les Roches Fleuries en 1909. (4)

En juillet 1911, le Conseil communal décide la construction d’une nouvelle Maison communale qui sera inaugurée en 1913. 

Le grand tableau d’Alexis Ermel (360 cm x 216 cm), qui orne la cage d’escalier de ce bâtiment représente un vaste paysage évocateur d’un coin de Campine ou, plus vraisemblablement, des coteaux sablonneux du Brabant wallon. Dans cette « poétique mélancolique du vide », la ligne d’horizon placée dans le haut de la composition permet au peintre de traduire « les nuances chromatiques de la végétation ».

Dès les années 1860, les peintres réalistes de l’Ecole de Tervueren se sont tournés vers le paysage qui va devenir un genre autonome « quasiment national ». On peint la nature dans sa réalité et certaines régions, comme la Campine, sont très prisées.

Dans cette vague paysagiste, on peut citer, dans l’Ecole dite de Kalmthout et de Termonde. Théodore Baron (1840-1899), considéré comme un des meilleurs représentants de « l’école du gris ». Ses œuvres évoquent, dans les nuances de gris et de beige, les bruyères et les dunes de la Campine anversoise. (Musée des Beaux-Arts de Tournai, Les dunes).

On retrouve ce thème des dunes notamment chez Louis Artan (1837-1890), James Ensor (Dunes à Ostende – 1877), Anna Boch (Dunes au soleil – 1903).

Dans le Brabant wallon, des brochures touristiques vantent les bois de sapins, montagnes de sable, tapis de bruyères et de verdure… tableaux dont seul un peintre pourrait donner l’image. 

On évoque également les bois de bouleaux et les sapinières, un sable doux et fluide, au-milieu d’un vrai paysage de Campine. 

L’urbanisation a profondément modifié les paysages d’autrefois mais, en 1996, évoquant la Bruyère du Glain, Paul Buffin mentionnait la profonde saignée sablonneuse pratiquée dans son flanc, terrain de jeux idéal pour les gamins des années vingt et trente. En 1930, l’avenue Franklin Roosevelt (Route provinciale) était encore une sablonnière !

(1)     Journal de Bruxelles illustré, 16 juin 1912. Nous remercions Manuel Couvreur, professeur émérite de l’ULB et membre de l’Académie royale de Belgique, pour les informations fournies.

(2)     Le Musée des Beaux-Arts de Gand possède un tableau d’Alexis Ermel intitulé « Duinen ». Nous remercions ce Musée pour la documentation transmise.

(3)     Roger Ghyssens signale qu’en 1897 le premier directeur-gérant de la Compagnie fermière des Eaux minérales de Genval est un certain Eugène Ermel. Il semble qu’il ait habité Genval à ce moment mais c’est loin d’être prouvé. Il est aussi cité comme 12e et dernier actionnaire, lors de la constitution, en 1902, de la Compagnie Internationale des Eaux minérales s.a. Celle-ci fusionne avec la Compagnie fermière en 1903 (dissolution et fusion). (CHRONIQUES, n°33, mai 2005, p. 34-35). 

(4)     Journal de Bruxelles illustré, 16 juin 1912. L’article, consacré au « paysagiste de talent » Alexis Ermel, décrit Genval comme « ce petit village d’un pittoresque charmant » métamorphosé « en une cité coquette aujourd’hui très fréquentée…par quantité d’artistes et de touristes ».

Journal de Bruxelles illustré, 16 juin 1912.

Paul Fierens, La peinture au XIXe siècle, in L’art en Belgique du moyen âge à nos jours, Bruxelles, 1939, p. 435-501.

Maurice Cosyn, Guide des environs de Bruxelles. I. Bruxelles-Forêt, 2e édition, (1943).

Guide officiel de Rixensart-Bourgeois (1950).

Jean Pierard, Genval, paysage brabançon au sable de Campine, in Brabant tourisme, janvier 1964, p. 15-17.

Serge Goyens de Heusch, L’impressionnisme et le fauvisme en Belgique. Catalogue d’exposition au Musée d’Ixelles, 12 octobre-16 décembre 1990.

Paul Buffin, Portrait des rues de l’ancienne commune de Rixensart, Rixensart, 1996, p. 136-137. 

Roger Ghyssens, Genval-les-Eaux de 1895 à 1935, Hamme-Mille, 2003.

Paysages de Belgique. Un voyage artistique. 1830-2015, sous la dir. de Denis Laoureux et Claire Leblanc, Exposition au Musée d’Ixelles, 2015.

 

NEBULEUSE

En octobre 2020, lors de la Cinquième Biennale de la sculpture à Lasne, Roger Ghyssens (trésorier) et moi-même (présidente) avons décidé d’acheter, au nom du Cercle d’Histoire de Rixensart, une œuvre de l’artiste Cécile Delhaye-Van Parys.

Notre intention était d’offrir cette œuvre d’art à la Bibliothèque communale de Rixensart située à Genval. Nous souhaitions par ce geste remercier les autorités communales de Rixensart qui, depuis les origines du Cercle en 1986, n’ont cessé de soutenir nos activités.

Durant plus de trente ans, le CHR a développé des contacts avec les Rixensartois lors de ses permanences hebdomadaires. De nombreux articles parus dans le Rixensart Info, la publication d’une revue et de brochures ont éclairé le passé de Genval, Rixensart et Rosières.

La participation aux Fêtes de septembre, aux Randonnées d’artistes, aux Journées du Patrimoine…  a permis de créer des liens avec les diverses associations culturelles de la commune : Réseau des Bibliothèques, Centre culturel, Syndicat d’Initiative, Généarix, Hommes et Patrimoine …

Puisse « Nébuleuse » demeurer un témoignage de notre présence au sein de la Bibliothèque communale.

 

« NEBULEUSE », cette sculpture en marbre de Carrare a été réalisée par l’artiste Cécile Delhaye-Van Parys qui a présenté ses œuvres dans de nombreuses expositions et salons en Belgique et à l’étranger.

Céramiste pendant plus de trente ans, elle a travaillé la terre à grès. Elle s’est ensuite tournée vers la taille de la pierre et du marbre. Elle aime sculpter, en taille directe, des formes abstraites pour matérialiser l’émergence de la figure à même le bloc de marbre brut. Le toucher du marbre cherche, au plus profond de la matière, la forme qui correspond le mieux à son émotion. Être dans l’imaginaire et donner forme au chaos.

L’artiste cherche à donner le sentiment qu’une chose peut bouger, qu’elle n’est pas figée car l’œil regarde, voit les différents plans et lignes en tournant autour de la pièce. L’espace et la lumière s’accrochent, pénètrent les cavités et lèchent les surfaces planes délimitées sans violence par des arêtes sinueuses. Un mouvement giratoire semble créé.

Selon la définition, une nébuleuse désigne tout corps céleste dont les contours ne sont pas nets. Les nébuleuses sont aussi liées à l’évolution des étoiles. Cette œuvre de Cécile Delhaye-Van Parys présente un caractère d’ouverture, tout en rondeur, sans aspérités marquées. Dans sa blancheur évanescente, elle nous entraine dans l’univers magique du monde céleste.

Colette Pinson, Historienne et Historienne de l’art
Ancienne Présidente du Cercle d’Histoire de Rixensart.