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Hérissons

©Mathieu Hémart
©Mathieu Hémart

Le hérisson est un animal discret et souvent solitaire. Il dort la plus grande partie de la journée et se met en quête de nourriture lorsque la nuit tombe. A cela s’ajoute une longue période d’hibernation qui le met à l’abri de la famine vers le mois d’octobre, lorsque ses proies habituelles se raréfient. Sa température corporelle, qui est habituellement d’environ 35°, descend alors jusqu’à atteindre la température ambiante (mais jamais en-dessous de 1-5° Celsius). Son cœur et sa respiration sont 20 fois moins rapides ; il vit au ralenti, sur les réserves qu’il a emmagasinées à la fin de l’été.

C’est un animal facile à reconnaître. Comme tout mammifère, il a le corps couvert de poils mais il est le seul en Belgique dont les poils du dos sont groupés en piquants durs. 

©Mathieu Hémart
©Mathieu Hémart

En se mettant “en boule”, il se présente à des ennemis potentiels sous l’aspect d’une pelote dangereuse à mordre. Son instinct le pousse à utiliser cette méthode chaque fois qu’il se sent menacé, au lieu de s’enfuir. On connaît le résultat lorsque l’ennemi est une voiture. C’est sa principale cause de mortalité. Le hérisson recherche comme habitat les zones où le tapis végétal est important et varié (haies, buissons, prairies entremêlées de petits bois). On le trouve donc dans les forêts peu denses, les bocages et même en ville, dans les parcs et les jardins ; il évite les zones trop humides, les grands espaces cultivés et les forêts de conifères.

La femelle porte en moyenne quatre à cinq petits et s’en occupe seule. Elle dispose de plusieurs nids et les déménage de l’un à l’autre au moindre danger. Les piquants des jeunes sont mous à la naissance et ils durcissent en quelques jours. Une femelle peut avoir une deuxième portée, mais ces jeunes ne passeront pas l’hiver s’ils n’ont pas le temps d’engraisser suffisamment avant d’hiberner.

Le hérisson est un mammifère assez primitif : ses hémisphères cérébraux sont petits. En revanche, ses lobes olfactifs très gros lui assurent un odorat très développé. Son ouïe est bonne mais sa vue assez faible. Il a la réputation de se déplacer lentement sur ses courtes pattes. On a cependant pu le chronométrer à du 4 kilomètres à l’heure. Il ne défend pas un territoire bien délimité et parcourt chaque nuit plusieurs kms en passant éventuellement de jardin en jardin, à la recherche de ses mets préférés : limaces, petits escargots, insectes, vers de terre, petits œufs et couvées d’oiseaux nichant au sol, animaux morts et fruits tombés par terre. Il regagne ensuite un de ses nids. Le hérisson se laisse nourrir facilement et apprécie le lait mais celui-ci tout à fait contre-indiqué.

Les saisons très humides sont favorables à la pullulation des limaces; ce qui pose problème aux potagers et parterres fleuris. Le hérisson se montre ici notre ami car il est très friand de limaces. Mal lui en prend si nous voulons nous débarrasser de celles-ci en leur proposant des produits toxiques. Notre hérisson meurt empoisonné après avoir consommé ces limaces. Nous avons ainsi tué un de nos protecteurs naturels. 

La quantité d’animaux nuisibles à l’agriculture que le hérisson détruit est telle que l’Arrêté de l’Exécutif wallon du 30 mars 1983 le protège intégralement.

Des jardins trop propres et cloisonnés : une menace pour les hérissons !

À l’approche de l’hiver, les hérissons cherchent un abri pour y construire leur nid d’hibernation : broussailles, fourré de ronces, terrier de lapin, tas de feuilles ou compost, trou dans un vieil arbre... Il y amasse des feuilles mortes qu’il compacte autour de lui pour s’y trouver à l’abri du froid. La meilleure façon de protéger les hérissons est de leur assurer des gîtes pour hiberner car les gîtes naturels sont rares dans nos jardins trop propres. On peut placer une boîte en bois d’environ 25 centimètres de côté recouverte d’une feuille imperméable sous des branches ou des feuilles mortes, sous le compost. La boite sera isolée du sol par des branchettes. La voie d’accès aura 15 centimètres de diamètre. On peut aussi aménager un trou dans un tas de bûches.

Vous protégerez également le hérisson en aménageant des passages entre votre jardin et celui de vos voisins. Ceci lui évitera de devoir emprunter la route et risquer de se faire écraser. 

Actifs entre la fin de journée et l'aube, de nombreux hérissons sont victimes d'accidents avec des robots tondeuses programmés pour tondre durant la nuit. Or, la plupart des modèles de robot tondeuse ne détectent pas la faune sauvage.

Sensible au bien-être animal, la Commune de Rixensart a récemment adopté une délibération visant à interdire l’usage nocturne de tondeuses à gazon automatisées entre 20h et 7h tout au long de l’année. 

Vous avez trouvé un hérisson blessé dans votre jardin ? Voici les premiers gestes de soins à poser : http://www.sosherisson.be/1er-gestes/