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Jardin au naturel

Viorne obier en fleurs © Francis Kania
Viorne obier en fleurs © Francis Kania

La Commune de Rixensart étant fortement urbanisée, les jardins sont des éléments essentiels du maillage écologique. Les aménager de manière à pouvoir accueillir la biodiversité est donc essentiel.

Voici quelques aménagements à réaliser afin d’accueillir la biodiversité dans son jardin :

Les haies vives 

Éléments essentiels du maillage écologique, les haies constituent une continuité entre les différents jardins et sont des sites de nidification et de refuge pour de nombreux oiseaux. Si les haies ne sont pas fortement taillées, elles peuvent également fleurir et fructifier, nourrissant ainsi les insectes au printemps et en été, ainsi que les oiseaux en automne et pendant tout l’hiver.

Le choix d’essences indigènes régionales permet d’avoir des essences adaptées à notre région tout en attirant un maximum d’espèces animales. En effet les thuyas, cyprès et autres lauriers-cerises n’attirent que très peu, voire pas du tout, notre faune sauvage.

Il est bon de rappeler que la Commune de Rixensart impose le choix d’essences indigènes en ce qui concerne la plantation de haies (voir la liste des essences indigènes du guide communal d’urbanisme) et interdit la plantation de haies composées de conifères, de lauriers à feuilles persistantes, de bambous, de photinias et d’aucuba. Dans tous les cas, la plantation d’espèces invasives (comme le laurier-cerise ou l’amélanchier de Lamarck) est interdite. La plantation de bambous est interdite à moins de 5 mètres de l’alignement ou des limites mitoyennes.

Les arbres et arbustes 

Les arbres et arbustes, en fleurissant et en fructifiant, attirent un grand nombre d’espèces animales, que ce soient des insectes, des oiseaux, des micromammifères, des chauves-souris, etc.

Dans le contexte du réchauffement climatique, les arbres permettent de réduire la température réelle et ressentie, notamment grâce à leur ombrage particulièrement bienvenu en été et grâce à l’évapotranspiration jouant le rôle de climatiseur naturel. Avoir un arbre apportant de l’ombre à une habitation aux heures les plus chaudes permet de réduire sa température intérieure. Enfin, les arbres permettent la régulation de l’écoulement des eaux de pluies (ils absorbent de grandes quantités d’eau) et la limitation de l’érosion des sols. 

Comme pour les haies, le choix d’essences indigènes est conseillé et il est interdit de planter des espèces invasives (comme par exemple le robinier faux-acacia).

Il est bon de rappeler que tout arbre d’une circonférence supérieure ou égale à 1,50 mètre, mesurée à 1,50 mètre du sol et dont la couronne et le tronc sont majoritairement visibles depuis l’espace public, nécessite l’obtention préalable d’un permis d’urbanisme pour être abattu. Tout arbre d’une circonférence supérieure ou égale à 60 centimètres, mesurée à 1,50 mètre du sol, nécessite l’obtention préalable d’une autorisation d’abattage. Pour plus d’informations, contactez le Service urbanisme de la Commune.

Les arbres morts 

Penser qu’un arbre mort ne présente plus d’intérêt pour la biodiversité est une grave erreur. Les arbres morts permettent en effet d’accueillir une série d’espèces inféodées à ce milieu : celles qui se nourrissent du bois mort (insectes, champignons) ou celles qui viendront y installer leur nid comme les pics, certains insectes (comme les abeilles solitaires) ou d’autres espèces d’oiseaux cavernicoles nidifiant dans des cavités et anfractuosités des arbres (comme les différentes espèces de mésanges, la sittelle, le rougequeue à front blanc, le grimpereau des jardins, l’étourneau sansonnet, le pigeon colombin, la chouette hulotte, etc.). Pour cette même raison, il est préférable pour la biodiversité de conserver les vieux arbres, même dépérissants, plutôt que de les remplacer par de jeunes arbres. Les vieux arbres ont en effet un plus grand nombre de cavités favorables aux oiseaux, mammifères (écureuil, loir, chauves-souris, etc.), insectes et autres invertébrés. 

La pose de nichoirs pour pallier le manque de cavités naturelles est donc intéressant.

Sauf en cas de maladie risquant de se propager à d’autres arbres proches ou en cas d’atteinte par des insectes à prolifération critique (par exemple les scolytes), conserver un arbre mort ou dépérissant dans son jardin est donc intéressant. Il faudra cependant s’assurer que ces arbres ne présentent pas de risque de chute sur la voie publique, sur un lieu de passage ou sur une habitation. Ce risque peut être limité en supprimant les branches et en réduisant la hauteur du tronc à 4-6 mètres. 

La prairie fleurie 

Au lieu de tondre toute la surface de votre jardin, pensez à laisser une partie non tondue. Cela permettra aux plantes de fleurir et d’attirer les insectes qui, à leur tour, attireront notamment les oiseaux. Une prairie fleurie ne nécessite qu’une seule fauche en fin de saison (septembre). Le foin issu de la fauche doit être retiré afin de ne pas enrichir le sol. En effet, plus le sol est pauvre et plus la prairie sera riche en fleurs et moins elle comportera de graminées.

Abeille mellifère sur Origan sauvage © Francis Kania
Abeille mellifère sur Origan sauvage © Francis Kania

Le parterre de plantes mellifères 

Lorsque vous réalisez des parterres de fleurs, pensez à choisir des espèces mellifères qui attireront les insectes. Optez de préférence pour des espèces indigènes, qui attireront encore davantage les insectes locaux adaptés à votre sol. Dans tous les cas, bannissez les espèces invasives (telles que la Berce du Caucase, Balsamine de l’Himalaya, Verge d’or du Canada, etc.).

La mare 

La mare est un milieu attirant un grand nombre d’espèces animales, dont certaines inféodées au milieu aquatique (comme les grenouilles, les tritons, les libellules, les dytiques, etc.). Elle est également le meilleur moyen d’attirer les oiseaux dans votre jardin, qu’ils soient locaux ou migrateurs de passage, ou même des espèces rares ! Les oiseaux y viendront pour se baigner et s’abreuver, tout comme certains mammifères sauvages.

Il convient de réaliser une mare avec des berges en pentes douces afin de permettre aux animaux d’y accéder facilement et d’en sortir sans difficulté. Les berges verticales, comme celles des bassins préformés en plastique, peuvent empêcher les hérissons de sortir de l’eau et entraîner des noyades, malgré leur capacité à nager.

Mare naturelle ©Francis Kania
Mare naturelle ©Francis Kania

Par contre, n’introduisez pas de poissons car ils mangent les larves d’insectes et d’amphibiens. Comme pour les autres aménagements, privilégiez les plantes indigènes pour végétaliser votre mare.

Si vous avez de jeunes enfants, placez une clôture (par exemple en châtaignier) autour de votre mare afin d’éviter qu’ils tombent ou glissent dans votre mare car les risques de noyades sont bien réels.