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Oiseaux

Pinson du nord à la mangeoire ©Francis Kania
Pinson du nord à la mangeoire ©Francis Kania

Nos amis les oiseaux 
Comment bien les nourrir et les abriter ?

Paradoxalement, l’automne coïncide avec un nettoyage intense du jardin qui le laissera coiffé et rasé de près mais complètement délesté de tout ce qui apporte subsistance et réconfort à nos amis ailés. Bien sûr, soucieux de bien faire, nous apportons force boules de graisse et poignées de graines du commerce.

Mais savons-nous vraiment ce que contiennent ces aliments ? 

En principe, nous ne devrions pas avoir à nourrir les oiseaux en hiver.

Le problème, c’est que hormis quelques zones refuges, comme les jardins nourriciers, l’équilibre naturel a été complètement bouleversé et la biodiversité des plantes et des insectes mise à mal, en zone urbanisée comme à la campagne.

Cependant, si pendant plusieurs années, il a été jugé que le nourrissage hivernal garantissait la sécurité des oiseaux et améliorait temporairement leurs conditions précaires de survie, le nourrissage fait maintenant débat au sein des associations de défense et de préservation de la nature.

Certaines recommandent maintenant un nourrissage uniquement en cas de grand froid et couvert du sol pendant au moins 3 jours, à cesser dès le retour de conditions climatiques plus clémentes.

D’autres, moins restrictives, recommandent encore le nourrissage durant l’hiver, de novembre à mars. Le nourrissage ne doit en effet jamais être prolongé au-delà du mois de mars, période à laquelle les oiseaux changent de régime alimentaire.

Les graines sont à privilégier.

Les boules de graisse du commerce contiennent très souvent des graisses nocives ; leur filet peut blesser ou conduire à la mort des oiseaux piégés dans les mailles et elles sont souvent le siège d’un développement bactérien pouvant être fatal aux oiseaux.

Le nourrissage doit s’accompagner d’un nettoyage très fréquent des mangeoires surtout en période de circulation de maladies comme la gale et la grippe aviaire. Les mangeoires sont en effet des lieux de rassemblement où le risque de contamination est augmenté.

En hiver, les oiseaux ont beaucoup de mal à trouver un point d’eau. Offrons-leur de l’eau claire, sans aucun additif et changeons-la régulièrement, si possible à la même heure (matin ou fin d’après-midi). Les règles d’hygiène pour les abreuvoirs et bains doivent être aussi strictes que pour les mangeoires. Il importe de les nettoyer au moins tous les deux jours avec une brosse et un produit non toxique et de bien les rincer.

Le plus important pour aider les oiseaux en toute saison est d’œuvrer à la création d’un jardin accueillant dans lequel ils pourront se nourrir naturellement.

Les haies sont ainsi également un garde-manger de choix. A l’automne, de nombreux arbustes se couvrent de baies comestibles pour les oiseaux. Si vous projetez quelques plantations d’arbustes, tenez-en compte dans le choix des végétaux. Leurs fruits ou leurs graines font les délices des merles, grives, mésanges. Parmi les espèces indigènes, citons : ronces, sorbier des oiseleurs, merisier, saule, sureau, noisetier, aulne, aubépine, cornouiller, troène, prunellier, viorne, houx, églantier.

La prairie, la jachère, sont des mangeoires naturelles. Inutile de tout faucher pour faire propre. On y trouve quantité de graminées variées qui plaisent aux pinsons et à l’accenteur mouchet, mais aussi des centaurées, chardons, cardères, carottes sauvages, cumin des prés…

Au verger, les fruits pourrissants feront les délices des merles et des grives.

On peut très bien les laisser en petits tas dans un coin au pied d’une haie, mais pas trop près des arbres fruitiers, histoire de réduire le stock de « parasites » des fruits.

Un jardin naturel et diversifié est très attirant pour les oiseaux.

Durant toute l’année, les plantes indigènes fournissent une nourriture riche, variée et naturelle composée de graines et d’insectes.

Accueillir les oiseaux dans son jardin

Enfin, si vous installez mangeoires, bains et nichoirs pour soutenir les oiseaux, cela impliquera d’être particulièrement vigilants si vous ou vos voisins avez des chats. Ces derniers repèrent en effet rapidement ces lieux de présence fréquente des oiseaux et chaque année, ce sont des millions d’oiseaux qui meurent sous les griffes des chats. Mangeoires, bains et nichoirs sont à placer bien en hauteur et vous pouvez prévoir un dispositif de mise à distance des chats (barrières, grillages,…). Idéalement, vous pouvez également équiper votre chat d’une petite clochette qui avertira les oiseaux de sa présence.

Espèces envahissantes