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Les prairies du Coucou

Salicaire © Francis Kania
Salicaire © Francis Kania

Un havre de verdure méconnu dans la vallée de la Lasne entre Genval et le hameau de Bourgeois

Les prairies du Coucou (+/- 20 ha) sont situées au pied de la Grande Bruyère de Rixensart, en aval de l’ancien moulin à eau de Genval, actuellement « Le Logis » et en amont du site des anciennes Papeteries de Genval. Au sein de quartiers résidentiels, elles offrent aux promeneurs un paysage enchanteur.
Une grande partie des prairies du Coucou est intégrée au site Natura 2000 des « Vallées de la Lasne et de l’Argentine » et est classée en zone d’espaces verts d’intérêt paysager au plan de secteur. 

Ces prairies sont traversées par la Lasne qui prend sa source dans le village de Maransart et conflue dans la Dyle à hauteur de Rhode-Sainte-Agathe, en Région flamande, après un parcours d’environ 26 kilomètres. 

La vallée a connu de nombreuses atteintes à son environnement naturel mais elle a, malgré tout, réussi à préserver son charme d’antan. Caractérisée par une mosaïque de zones humides, boisées, pâturées et cultivées, elle constitue encore aujourd’hui un site d’une grande richesse biologique. 
Depuis 1988, une portion des prairies, à proximité de la Grande Bruyère, est reconnue en tant que Site classé par la Commission Royale des Monuments, Sites et Fouilles.

© Eric de Séjournet - Objectif Rixensart
© Eric de Séjournet - Objectif Rixensart

Deux hypothèses permettent d’expliquer l’origine de l’appellation « Coucou » que nos anciens donnèrent à ce lieu-dit. 
La première serait due à la présence de l’oiseau, le Coucou gris, qui égayait de son chant les zones humides de la vallée. La seconde, et sans doute la plus plausible, serait issue du fait que les paysans nommaient ainsi la plupart des mauvaises herbes des prairies humides, telles le Lychnis fleur-de-coucou, la Primevère élevée ou certaines orchidées du genre Dactylorhiza. Des relevés botaniques datant du début du 20e siècle attestent de la présence de ces espèces végétales dans la vallée, au sein de prairies marécageuses très fleuries.

Depuis le début du 20e siècle, les milieux semi-naturels de la vallée ont subi de nombreuses altérations. La première et la plus importante fut l’établissement des Papeteries de Genval sur des terrains marécageux qui furent remblayés. L’entreprise ferma définitivement ses portes à la fin des années 70, laissant derrière elle un chancre industriel, pollué aux métaux lourds, hydrocarbures et phtalates. En 2012, un permis pour entreprendre de lourds travaux de dépollution est obtenu et en 2013, le site est partiellement dépollué et converti en une zone de logements et de commerces. La Lasne est alors remise à ciel ouvert sur 2/3 de son trajet. 

Depuis une quinzaine d’années, la nature reprend peu à peu ses droits sur la vallée. Ce havre de paix a permis à une famille de castors d’y établir son domicile, en aménageant la zone humide à leur goût, par la construction de barrages et la création de plans d’eau. Ces plans d’eau, permanents ou temporaires, sont bordés par une végétation diversifiée, alternant des roselières à Phragmite commun, typhaies à massettes, jonchaies à Jonc épars ou encore des saulaies marécageuses à aulne glutineux.

Cette grande diversité de végétation fournit le gîte et le couvert à des espèces typiques des roselières comme le Phragmite des joncs, la Rousserolle effarvatte ou encore le Râle d’eau. Les plans d’eau permettent également la nidification du Fuligule morillon. Le Martin-pêcheur d’Europe trouve au niveau des berges de la Lasne des sites optimaux pour le creusement de son terrier. 
En hiver, le site accueille également de nombreux oiseaux de passage ou hivernant, tels la Grande Aigrette, le Grèbe castagneux, la Bécassine des marais, la Sarcelle d’hiver, le Bruant des roseaux, le Pipit spioncelle, etc. Les vasières, au sein des pâtures inondées, constituent une halte migratoire de choix pour de nombreux limicoles comme les Chevaliers cul-blanc, guignette, gambette, aboyeur, sylvain, le Combattant varié, l’Huîtrier-pie, le Pluvier petit-gravelot, le Bécasseau variable, etc. D’autres espèces ont encore pu être observées en halte sur les plans d’eau et à proximité, telles la Cigogne blanche, le Cygne tuberculé, le Tadorne de Belon, le Canard souchet, le Fuligule milouin ou le Traquet motteux.

© Eric de Séjournet - Objectif Rixensart
© Eric de Séjournet - Objectif Rixensart

En été, de nombreuses Hirondelles rustiques, issues d’une colonie établie dans des écuries situées sur le flanc sud de la vallée, viennent s’abreuver et chasser au-dessus des plans d’eau. Ce manège ne passe pas inaperçu pour le Faucon hobereau, régulièrement observé en chasse dans la vallée. Notons également la présence de trois espèces invasives abondantes dans la vallée : la Bernache du Canada, l’Ouette d’Egypte et la Perruche à collier dont les effectifs sont en augmentation.

La vallée héberge des populations de papillons appréciant les prés de fauche, tels la Sylvaine, l’Aurore, le Cuivré commun, l’Azuré commun et la Carte géographique. Les zones humides attirent de nombreuses libellules, dont les Caloptéryx vierge et éclatant, qui apprécient les eaux vives de la Lasne, ainsi que les Aeschnes bleue et mixte, le Gomphe joli et l’Orthétrum réticulé.

En ce qui concerne la flore, nous pouvons noter la présence de plusieurs espèces intéressantes, telles l’Epiaire des marais, le Lycope d’Europe, le Bident triparti, le Souchet des marais, la Renoncule scélérate et la Véronique mouron d’eau. 

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