La Grande Bruyère
Sauvée in extremis en 2010 par des citoyens rixensartois, la Grande Bruyère est un des derniers témoins de notre passé agro-sylvo-pastoral en Brabant wallon. Aujourd’hui, ce site unique est géré depuis 2012 par l’asbl Natagora.
Dès le début du 20e siècle, d’éminents naturalistes belges s’intéressèrent à la Grande Bruyère. En effet, ce site d’une superficie d’environ 7 hectares, occupe le versant est du vallon d’un petit affluent de la Lasne, le ruisseau du Carpu. Ce versant recoupe diverses couches géologiques, tantôt sableuses, tantôt argileuses, ce qui lui confère une grande diversité de substrats sur lesquels se sont développées différentes végétations adaptées à ces derniers. Celles-ci, typiques du Brabant wallon, s’établissent selon plusieurs gradients écologiques dépendant des types de sols (sableux, sablo-limoneux, argileux, tourbeux,...), de leur acidité (sols franchement acides à neutres), de leur hydromorphie (sols très secs à marécageux), etc. Une telle diversité, sur une surface restreinte, ne se rencontre plus en Brabant wallon que sur le site de la Grande Bruyère ; ce qui fait d’elle un milieu de grand intérêt biologique.
La zone du haut de versant, de part et d’autre de la N275, est composée d’une mosaïque de landes sèches à callune, de landes herbeuses à callune, Canche flexueuse et Fétuque des brebis, de pelouses ouvertes sur sable à Canche précoce et Jasione des montagnes et de leurs différents stades d’embroussaillement et de reboisement.
La tourbière de Rixensart
A mi-pente, on observe une belle ligne de suintements à sphaignes, mêlée de sources et de ruisselets, qui sourdent au niveau de la zone de contact entre les sables du Lutétien, perméables, et les argiles de l’Yprésien, imperméables. La végétation herbacée est une végétation de bas-marais, tantôt acide à Laîche déprimée et Laîche étoilée, tantôt relativement neutre, à Laîche des marais.
La zone du bas de versant comporte, quant à elle, une mosaïque de milieux très diversifiés et notamment constitués d’une pelouse acidophile à Bétoine et Epervière en ombelles, d’une prairie humide à Molinie, d’une prairie de fauche humide à Houlque laineuse, d’une mégaphorbiaie nitrophile à Berce commune, ainsi que des différents stades d’embroussaillement et de reboisement de ces milieux.
Plus près de la Lasne, une partie de la Grande Bruyère a été remblayée sous des dépôts de déchets divers et de terres de remblais. Cette zone a été progressivement recolonisée par une végétation herbacée, arbustive et arborée rudérale qui présente un certain intérêt pour la faune.
Dans ces milieux très diversifiés s’épanouissent pas moins de 353 espèces de plantes. Par comparaison, la flore indigène belge comprend environ 1300 espèces. On y dénombre une trentaine d’espèces végétales considérées comme rares à très rares en Brabant wallon. L’espèce la plus emblématique est sans conteste l’Orchis tachetée, une espèce d’orchidée relativement abondante dans la réserve du Carpu, mais rarissime ailleurs en Brabant wallon. On peut citer, entre autres, l’Amourette des dames, la Laîche précoce, la Jasione des montagnes, le Polygala à feuilles de serpolet, la Valériane dioïque, etc.
Parmi les mammifères, on observe couramment des espèces assez communes tels le Renard roux, l'Écureuil roux, le Lapin de garenne, le Hérisson, de temps à autres le Chevreuil ainsi que plusieurs espèces de chauves-souris.
Parmi les oiseaux, la plupart des espèces communes des jardins et des bois sont observées.
Notons la présence du Pic épeichette, qui affectionne particulièrement les vieux bouleaux. La Chouette hulotte et l’Epervier d’Europe sont également régulièrement observés.